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LA LIGNE ROUGE
Réalisation et scénario Terrence MALICK (1998)
D'après le roman de James JONES
Directeur de la photographie John TOLL
Musique Hans ZIMMER
Production Robert Michael GEISLER, John ROBERDEAU, Grant HILL / Phoenix Pictures / Fox 2000
Distribution UFD
Durée 170 minutes
Sortie française 24 février 1999
Le Sergent Chef Edward Welsh Sean PENN
Le lieutenant-colonel Gordon Tall Nick NOLTE
Le sergent Keck Woody HARRELSON
Le capitaine James " Burger " Staros Elias KOTEAS
Le capitaine John Gaff John CUSACK
Le soldat Witt Jim CAVIEZEL
Le Soldat Bell Ben CHAPLIN
Le sergent McCron John SAVAGE
Le général de brigade Quintard John TRAVOLTA
Le capitaine Charles Bosche Georges CLOONEY
Le sergent Storm John C REILLY
   

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critique de Première

LA LIGNE ROUGE

Tant qu'il y aura de la terre, de la mer, du ciel, des plantes, des animaux, du sang et des hommes... D'août 42 à février 43, la bataille pour la conquête de l'île de Guadalcanal, dans les Salomon, fut l'équivalent pour Américains et Japonais d'un Verdun. Sauf que le décor était un brin plus paradisiaque... Il vaut mieux sauver le soldat Malick. Sans un gramme de putasserie, mais avec la juste musique d'Hans Zimmer (et aussi celle de Gabriel Fauré), sans aucune tache de sang facile mais plutôt des plans d'oiseaux multicolores, sans lieu communément lacrymal mais avec des voix off envoûtantes, Terrence Malick fait passer Il faut sauver le soldat Ryan, de Spielberg, pour une gentil film un peu niais, et prouve, vingt ans après, que sa réputation - bâtie sur ses seuls deux films, Badlands (73) et Les Moissons du ciel (78) - n'était pas usurpée. Grâce en soit rendue à ce qu'on pourrait appeler son «intelligence service». On invoque souvent cette belle image des vieillards africains en forme de bibliothèques. Eh bien, avec un film de Malick, on a un peu la même impression. L'impression d'un grand savoir, d'un grand intérêt pour (tout) le monde, aussi bien assimilé que parfaitement «digéré»... Il se dégage ainsi une grande simplicité de son travail, comme si, dans sa façon d'aborder comme par hasard les «grands problèmes universels», il cherchait davantage à poser les bonnes questions qu'à donner de grandes réponses. L'univers filmé de Malick est un paysage fluide et souplement hétéroclite, où hommes et nature sont à nouveau mêlés, égaux dans la grande valse des mondes qui tournent... C'est beau un crocodile qui se flanque à l'eau; c'est beau des hommes qui luttent contre leurs peurs; c'est beau un Mélanésien presque nu qui traverse une guerre sans la voir ni l'entendre; c'est beau une fleur minimale qui se recroqueville quand on lui caresse la tige; c'est beau un massacre au corps à corps dans les brumes de la malaria; c'est beau des collines de jungle qui ondoient entre deux tirs de barrage... Comme Cameron (dans un genre plus physique), Malick a le courage de ses convictions cinématographiques: on a, tout bêtement, rarement vu ça. Alors, c'est vrai, après une première heure parmi les plus belles du cinéma, il y a un certain effort à accomplir pour se laisser happer par le rythme assez lent de cette guerre dont c'est peut-être le film ultime - ainsi on se demande longtemps s'il y aura un coup de feu tiré... Ici, aucun romantisme imbécile, mais un hymne presque animal à l'immensité du paradoxe de la guerre - où beauté et horreur se fondent - comme un raccourci de la vie. On mourra tous au paradis.

Jean-Yves Katelan

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Terrence Malick est né à Ottawa, dans l'Illinois, le 30 novembre 1943. Diplômé de Harvard, il devient dans un premier temps journaliste, il collabore au "New Yorker" et enseigne la philosophie au MIT avant d'entrer à l'American Film Institute où il signe un court métrage, Lanton Mills. Il écrit ensuite deux scénarios de longs métrages (Deadhead Miles et Pocket Money) puis prend un pseudonyme (David Whitney) pour signer celui de The Gravy Train, de Jack Starrett. Financé et réalisé en 1974 dans des conditions précaires, son premier film derrière la caméra, La ballade sauvage, révèle une grande sensibilité, alliée à une maîtrise plastique exceptionnelle. Le film conte l'odyssée meurtrière d'un rebelle sans cause (Martin Sheen) et de sa compagne (Sissy Spacek) à travers le Middle West des années 50. Un couple tout à la fois innocent et monstrueux, que le cinéaste observe avec force ironie, tout en se gardent bien de plaquer sur son film un quelconque jugement moral. En 1978, il tourne Les moissons du ciel dans les grandes plaines de l'Alberta, au Canada, entièrement en lumière naturelle (grâce notamment au travail du chef opérateur Nestor Almendros). Le film oppose à la splendeur d'une faune et d'une nature vivantes les aspirations dérisoires de migrants échappés du ghetto industriel de Chicago. Si ces deux films ne seront pas des triomphes commerciaux, ils imposent néanmoins Malick comme un visionnaire cinématographique unique. Cependant, suit un silence radio de vingt ans, que le cinéaste occupe partiellement à apparaître en tant qu'acteur dans quelques séries ("The Beats, "Golden Fiddles") et vient de produire un film intitulé Endurance. Admiré par ses pairs et par la critique, Malick a vu, pour La Ligne Rouge, le tout-Hollywood se presser en masse afin de faire partie du casting du film, acceptant même de revoir leur salaire à la baisse. La Ligne Rouge est donc ce qu'on appelle un film de prestige...

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Après le succès critique de ses deux premiers films (LA BALADE SAUVAGE et LES MOISSONS DU CIEL), Terrence Malick se retira du cinéma à la fin des années soixante-dix. C'est à Paris, où il vivait alors, que Robert Geisler et John Roberdeau le contactèrent en 1988 et financèrent pendant huit ans l'écriture du scénario de LA LIGNE ROUGE (déjà porté à l'écran en 1964 par Andrew Marton). En 1995, quasiment ruinés, ils firent appel à Phœnix Pictures, compagnie associée à Sony. Après le retrait de Sony, la Fox prit la relève. Le tournage eut lieu au cours de l'été 1997 en Australie et aux Iles Salomon. Le personnage central de l'histoire devait être le caporal Fife (joué par Adrien Brody), mais le rôle fut considérablement réduit. Billy Bob Thornton enregistra un commentaire " off " qui fut supprimé et remplacé par les monologues intérieurs de huit autres personnages. Le film remporta l'Ours d'or à Berlin en 1999, mais aucun Oscar, malgré sept nominations.
   

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Le livre "La Ligne Rouge" qui a inspiré ce film, écrit par James Jones, auteur de "Comme un torrent" et de "Tant qu'il y aura des hommes", qui a lui-même combattu et a été blessé à Guadalcanal, est disponible aux éditions Pocket et est paru initialement aux Editions Stock sous le titre "Mourir ou crever".

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"The Thin Red Line - Original Motion Picture Soundtrack" / 11 titres
de : Hans Zimmer
édité par : RCA Victor
durée totale : 58:56
"Melanesian Choirs (Original Soundtrack) : Chants from the Thin Red Line" / 26 titres
édité par : RCA Victor
C'est dans cette BO que vous retrouverez les chants mélanésiens entendus dans le film. Celle de Hans Zimmer n'en contient qu'un seul.

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Le DVD de La Ligne Rouge contient :

- Le Film (VO, VF, Vit)
- Sous-titres (Fr, It, Angl...)
- Bande-annonce
- 11 Chansons Mélanésiennes

 

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